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En mémoire de Fernand Morasse

jeu, 04/11/2010 - 20:02 |  Eric Morasse

 

FUNÉRAILLES, FERNAND MORASSE  -  30 OCTOBRE 2010

 

Le nid de la Famille Morasse était habité par 12 oisillons.

Maman Marie-Ange et papa Sylvio comptaient sur la coopération des aînés pour les seconder auprès de la progéniture cadette. Et Fernand faisait partie des aînés; il était l’aîné de 8 garçons. Et Fernand devait aussi travailler à la ferme avec papa Sylvio.

Il a, à son tour, en compagnie de Claire, construit un nid à Ste-Sophie, nid dans lequel y grandiraient les 6 oisillons qu’il aura conçus avec Claire, trop tôt décédée.

Comme une abeille, Fernand  travaillait sans relâche, 7 jours sur 7 comme boucher / épicier pour nourrir sa famille et pour servir une clientèle qui ne pouvait que l’apprécier, cette clientèle qui a dû conserver de lui et de sa famille un souvenir immuable.

Comme l’aigle, Fernand  avait des perspectives élargies qui l’amenaient à avoir des projets et à les mettre à exécution. On n’a qu’à se souvenir des nombreuses transformations apportées à la maison familiale ainsi qu’à son commerce. Et que dire du chalet dont profitaient non seulement sa famille immédiate mais aussi les autres membres de la Famille Morasse.

Comme un arbre fruitier, Fernand distribuait ses bienfaits à qui en avait besoin. Il était d’une générosité incommensurable et quiconque s’amenait chez Fernand et Claire était accueilli à bras ouverts. Aussi occupé qu’il pouvait l’être, en aucun temps ses invités n’avaient l’impression de déranger.

Comme un adolescent, Fernand a voulu, à un certain âge, apprendre et pratiquer la pensée positive. Il était bien évident que le positivisme et le courage étaient déjà présents en lui. Il était en contact avec sa réalité, ses émotions et sa capacité de vibrer et de suivre le courant de la rivière.

Comme le peuplier, Fernand était discret et respectueux; il prenait soin de tasser ses ramures tout près de son corps pour ne pas déranger.

Comme le chêne, Fernand se tenait pour ce qu’il était, il démontrait une grande solidité.

Mais aussi comme le roseau, Fernand pouvait ployer sous le poids d’une grande peine mais sans pour autant s’effondrer. Sa flexibilité lui permettait de survivre tout comme le roseau après un orage.

Comme la colombe, Fernand était messager de la sagesse humaine et porteur d’un amour inconditionnel. Il a aimé ses enfants et ses petits-enfants d’une manière exceptionnelle. Il avait, avec eux,  la  capacité de savoir et de sentir au-delà des mots.

La bonté proverbiale de Fernand s’exprimait par sa générosité, par sa compassion, par sa patience, par son accueil auprès de ceux qui faisaient appel à lui, que les demandes viennent de ses enfants, de ses petits-enfants ou de tout autre membre de la famille ou de la communauté. Chacun garde de cette bonté un souvenir intarissable.

Chacun sait que Fernand souhaitait, pour des raisons bien légitimes que l’on connaît, quitter le « grand nid » qu’est cette planète. Au fil des jours, Fernand mourait lentement à ce monde-ci. À chaque heure qui passait, il y avait un peu de lui qui trépassait.

Même s’il a quitté ce nid, Fernand est sûrement encore présent, sous une autre forme.

Une partie de Fernand continue de vivre dans chacun des siens, même après son départ.

C’est tout comme le verglas qui est passé en 1998. Même coupés de plusieurs branches, les arbres ont continué de vivre. Quelle belle leçon de la nature !

Nous nous inclinons devant le fait que le vœu de Fernand a été exaucé. Nous l’aimions trop pour tenter de l’empêcher de s’envoler vers ses êtres chers et nous espérons que cet envol l’a amené directement vers  la lumière.

Que le ciel entier lui soit octroyé !

Que sa récolte soit à la dimension de ses semailles!

 

Monique Vezeau

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